[ guatemala ] .
Dans les Cuchumatanes - 21/08/2006@19h29 - maya

Notre itinéraire nous emmene décidément vers des contrées de plus en plus paumées. Apres Solola et Chichicastenango, devenues des incontournables des agences et tour-operateurs pour leurs marchés tres colorés, nous avons mis le cap plein nord. Etape donc a Santa Cruz del Quiché, ou nous avons découvert une ville un peu crado mais toute a la fete - processions, feux d'artifice et pistes de danse -, ce qui fait toujours plaisir a voir. Puis direction Nebaj, en plein coeur du Triangle Ixil dans la cordillere des Cuchumatanes.
Nebaj n'est pas vraiment une ville charmante : encaissée au fond d'un bassin et entourée par des montagnes recouvertes de vert, la brume sévit le matin et la pluie arrive vers 15h, ce qui contribue a lui donner un air un peu triste et gadouilleux. Il parait que les militaires se sont également un peu acharnés dans la région pendant la guerre civile dans les années 80. En meme temps et c'est peut etre pour cela, les traditions et les liens communautaires sont restés tres vifs ici.
A Nebaj et encore plus qu'ailleurs, femmes et fillettes portent l'habit traditionnel : la cortes tissée a la main (une longue jupe de plusieurs metres de long enroulée autour de la taille) de couleur rouge sang, le huipiles (blouse-tunique portée bien bouffante et qui masque bien les formes) brodé d'animaux et de symboles mayas. Et cerise sur le gateau, ici les femmes adultes et les plus agées portent une coiffe traditionnelle, faite de gros rubans qui se melent dans les cheveux et qui orne le haut du crane de six magnifiques gros pompons de laine. Le top. Quant aux hommes, c'est l'indispensable coupe-coupe porté a la ceinture et le chapeau de paille forme cow-boy vissé sur la tete.
Nous décidons de partir avec un guide local explorer les montagnes Cuchumatanes a quelques heures de marche de Nebaj, 2 jours de trek un peu sportif avec des grimpettes de plus de 2h30 et la découverte des villages de Xeo et Cotzol d'un autre temps. D'abord, il y eut cette famille chez qui nous avons déjeuné en ne savant pas trop ou regarder. Décor on ne peut plus dénué de tout : une sorte de cabane en bois, - deux pieces - l'une servant a faire la cuisine, l'autre pour tout le reste, le sol en terre battue, la plaque en fonte pour la cuisson, les branches d'arbre pour touiller la soupe, toute la famille qui nous dévisage alors qu'on essaie d'avaler le contenu de nos assiettes sans trop grimacer. Bref, en 9 mois, incontestablement le lieu le plus crad' ou l'on ait mangé. Et puis, les scenes de vie quotidienne lorsqu'on traverse les villages : les femmes agenouillées devant leur métier a tisser, d'autres qui papotent en écoutant le crin-crin d'un mini-poste de radio, unique lien avec la civilisation. Et toujours les gamins curieux qui sortent pour nous étudier de loin et qui s'enfuient en courant des que l'on s'adresse a eux.
Un trek, c'est toujours l'occasion de voir ce qu'il y a caché derriere la carte postale. Jusqu'a maintenant on trouvait le Guatemala relativement moderne, en tout cas bien plus que ce qu'on aurait imaginé. Et bien non, dans les montagnes et surement dans plein d'endroits ailleurs, il y a encore des Mayas qui ressemblent plus aux Mayas d'hier qu'a ceux d'aujourd'hui.


[ Posté par : Sandrine | aucun commentaire ]