[ bolivie ] .
Le salar dŽUyuni a velo - 12/07/2006@15h20 - Uyuni

Difficile de venir en Amerique du sud sans passer par Uyuni. On ne vient pas ici pour la ville, pas tres jolie et aux allures fantomes, mais pour son salar.
Le salar d'Uyuni est la plus grande etendue de sel au monde, perchee a 3600m d'altitude. C'est un immense desert de sel parfaitement plan (ou presque) ou seuls quelques ilots sauvages viennent troubler l'horizon blanc. A peu pres 98% des touristes le visitent en tour organise de 3 ou 4 jours de jeep incluant lagunes et geysers. Nous, nous avons eu la chance de rencontrer Max et Lo deux cyclistes pas du tout forcenes qui nous ont fait envie avec leurs traversee du salar a bicyclette. Bon evidemment, eux en tant que baroudeurs a velo avaient tout le necessaire. Nous en tant que touristes pietons voulant faire du velo, il a fallu s'organiser.

Le 08/07 : La preparation
Arrive sur Uyuni, on passe d'abord par l'office du tourisme pour verifier que l'on est pas completement atteint. Roberto de lŽoffice nous affirme que non. Sans nous en dissuader, il nous fait quand meme comprendre que cela va etre difficile et pas sans danger. En effet, les cyclistes partant gambader sur le sel campent en general une nuit dessus. Mais nous, n'ayant pas de tente nous devons imperativement faire la traversee en une journee. On arrive a trouver un compromis en faisant lŽaller en partie en bus et le reste a velo.
Ensuite on decide de s'equiper un peu. D'abord les velos. Seul un gamin de 12 ans en loue sur Uyuni. On est surpris par son serieux et par la qualite du matos. Ca s'annonce bien. On fait ensuite plusieurs agences pour louer des sacs de couchage. Ils en ont tous mais vu leur tete, notre demande n'est pas commune. Nous en trouvons tout de meme chez Tonito pour 5$ les 4 jours. La fin de journee se termine au marche. Achat de couvertures supplementaires, de cordes, de bougies et surtout de la bouffe.

Le 09/07 : Depart entousiaste
Les durs de durs que nous sommes partons a midi prendre le bus pour Llica qui traverse le salar apres un p'tit dej oeuf-becon-cafe (oui, on s'est leve un peu tard!). On charge les velos dans les soutes et dans l'action, on commence par casser un garde-boue. C'est dangereux le salar, on nous lŽavait bien dit. Le chauffeur du bus, pas du tout surpris de notre demande nous largue en plein milieu du salar avec nos deux VTT demontes. Premiere impression : il n'y a pas grand monde, c'est tout blanc et tres dur. Cette journee de mise en jambe est toutefois courte : seulement 15km pour rejoindre l'Isla del Pescados ou nous dormirons pour la nuit. Pourtant le coup de pedale n'est pas facile. Nous tracons sur un salar tres dur, bossele. On se croirait sur les paves du Paris-Roubaix. Il fait chaud, aride et le pire arrive ensuite... A 17H02 nous touchons l'ile et la, nous apprenons par un local que la France vient de perdre la Coupe du monde !! Meme au milieu du salar, le Mondial nous suit.
On ne savait pas trop a quoi s'attendre en venant ici. Et bien, l'ile est superbe. Un bout de corail fossilise et de pierres au milieu du desert, planté de cactus geants, les couleurs sont splendides au coucher du soleil. En tant que cyclistes, nous avons de la chance car seuls les pietons et touristes a velo peuvent dormir sur l'ile. Et ici pas de jeeps, ou presque.

Le 10/07 a 7H30
On ouvre un oeil et deja 5 jeeps sont garees devant le refuge pour le lever de soleil. On grogne sur ces touristes matinaux et on se prepare pour ce quŽon pensait etre une petite journee. A 22km a lŽouest, une deuxieme isla del Pescados est vierge de tout signe de vie. En forme et les fesses pas encore abimees, on se dit "facile". Mais le salar en journee, cŽest chaud. La piste nŽexiste pas et on retrouve nos paves salés du Paris-Roubaix sur les 2/3 du parcours. Le plus fort, cŽest quand meme Rudy qui arrive a crever. Pause reparation et reparatrice, pique-nique et seance photos de 2 heures que lŽon regrettera plus tard (le soleil est traitre vers midi!). Les 44km de cette journee nous ont en fait extenues et on craint le soir pour les 65km qui nous attendent le lendemain.
Le soir, 4 francais cyclistes (dont Lionel et Laurence www.asso-equilibre.org) arrivent sur lŽile. Ils font un peu le meme trajet que nous, mais eux dormiront sur le salar sur le trajet retour, de maniere a eviter les 65km dŽune seule traite. On passe la soiree autour dŽune soupe a lŽoignon a se raconter des anecdotes de voyage.

Le 11/07 : La traversee
Pour une fois, nous sommes les premiers leves. Hors de question de trainasser, 65km nous attendent pour rejoindre le prochain gite. Les temperatures atteignant -15 degres la nuit en plein salar, on nŽa pas le choix, il faut quŽon y arrive. Verification des velos, 6 litres dŽeau, on dit au revoir a nos francais en plaisantant sur nous enroules dans des couvertures de survie qui brillent au loin. On ne rit quŽa moitie !
Motives et enthousiastes, nous chevauchons nos montures pour partir a lŽaventure, tels des caravaniers du desert. Apres 15 minutes, Rudy demande sa premiere pause : il est mort. La respiration sŽemballe, les jambes manquent dŽenergie, a 3600m, il experimente son premier vrai mal de lŽaltitude. Malgre une pause tous les 1/4 dŽheure pendant que Sandrine admire le blanc qui lŽentoure avec un grand sourire, Rudy cabe.
Tout autour, tout est tellement beau : partout un relief blanc dŽhexagones avec a gauche vue sur le volcan, les montagnes devant a plus de 100km et derriere lŽile qui retrecit au fur et a mesure de la journee. Et Rudy qui reprend son souffle au fur et amesure de la journee apprecie enfin cette etendue desertique. Par contre, la reverberation est telle que comme les berberes, on sŽenroule la tete dans nos cheches pour ne laisser depasser que nos lunettes de soleil. Cela fait beaucoup marrer les touristes en jeep qui freinent a nos abords et sortent leurs appareils pour nous mitrailler de photos !
Apres plus de 4h de pedale, toujours pas dŽhotel de sel a lŽhorizon. Le temps se fait long, la lumiere baisse, bien quŽil fasse toujours aussi chaud. Vers 16h30, on apercoit enfin une minuscule barre sur lŽhorizon et 1h30 plus tard nous arrivons a lŽhotel de sel avec le coucher du soleil. CŽest magnifique.
Ce qui lŽest un peu moins, ce sont les prix prohibitifs pratiques par cet hotel attrape-touristes friques. Mais bon, on nŽa pas le choix.

Le 12/07 : Retour sur Uyuni
Facile cette derniere journee. Une heure de salar sur une piste bien damee par les nombreux 4x4 venant de Uyuni. Sandrine trouve tout de meme le moyen de faire un bain de pieds force en sŽenlisant dans les abords humides du salar. Sympas les baskets rigides au sel pour faire du velo... Les 25km de piste entre Colchani et Uyuni se font egalement facilement meme si lŽon respire beaucoup de poussiere. Le plus drole, cŽest quŽon se retrouve au beau milieu dŽune course cycliste avec la foule qui nous applaudit a notre arrivee a Uyuni !

Cette viree de 4 jours restera sans aucun doute lŽun de nos meilleurs souvenirs de tour du monde... Meme si quelques jours apres, les effets du Salar sont apparus sur nos visages rougis, surtout chez Rudy qui a le teint si particulierement mat : bouche cloquee et gonflee a la Emmanuelle Beart, peau qui part en sucettes sur le nez et le menton. Non non vous nŽaurez pas de photos cette fois-ci !


(Photos Salar)


[ Posté par : Sandrine et Rudy | 5 commentaires ]