[ indonÚsie ] .
Trois jours en Enfer - 30/04/2006@11h40 - Senaru

Nous sommes venus sur l'ile de Lombok avec deux objectifs: jouer avec les poissons sur les Gili's Islands (et les tortues mais ca on le saura plus tard) et faire l'ascension du volcan Rinjani. Etant donne qu'il est plus logique de se detendre apres avoir sue, on a commence par le second.
Perche au nord de l'ile, Gunung Rinjani de son vrai nom est un volcan toujours en activite, derniere eruption en 1994, et a une bonne tete de volcan comme dans les BD: un enorme cone avec un p'tit nuage au dessus et en haut un enorme cratere avec un lac. On a donc cherche comment grimper sur la grosse bete ce qui n'est pas trop difficile a trouver. Tout le monde propose des treks ici. Et etant donne que c'est quand meme une ascension serieuse on est passe par une agence.
Premier jour, lever a 4H du matin pour un depart a 5H. On est de l'autre cote de l'ile et on a pas pris la version deluxe du trek. Resultat: 3H de pickup pour atteindre Sembalun, village de debut de rando. On discute avec les guides et on comprend qu'un deuxieme guide s'est greffe au groupe pour reprendre l'entrainement. En effet ils ne grimpent pas pendant la saison des pluies et ont les muscles un peu a plat. Notre porteur s'appellent Tuti et est un local de Sembalun. On part a 700m d'altitude. A la fin de la journee le camp pour la nuit est sur l'arete du cratere soit a 2700m. On est en pleine forme et la rando est super agreable. On s'offre meme le luxe en fin de journee de larguer nos guides trop lents pour suivre le porteur. La journee se finit a la frontale pour atteindre le camp. Il fait froid mais on est heureux de se retrouver autour du feu de camp. Le deuxieme guide arrive plus d'une heure apres nous. Ca aurait du nous mettre la puce a l'oreille.
Deuxieme jour les choses serieuses commencent. Lever a 2H du mat pour un depart a 3H, le but etant de voir le lever du jour sur le pic a 3700m. On a pas beaucoup dormi, il fait froid mais on y croit! On ne le sait pas encore mais il y a 1000m de denivele. Les guides nous annoncent 700 facile en 3H. Mais ils ne veulent pas nous accompagner... fatigues, pas en forme... On va suivre un autre guide. Le groupe pour cette ascension est compose de 2 allemands et un couple de francais, nous et le "guide". Frontales sur la tete et micro p'tit dej dans le ventre (pas serieux) on part avec le sourire. Mais le pic n'est pas facile. Non seulement ce denivele de nuit est dur mais la moitie de l'ascension est sur des scories: pour deux pas devant on en fait un en arriere. Le couple de francais arrive a faire le pic pour l'aube. Nous, on peine dur avec les allemands. Il va nous falloir 4H pour atteindre le sommet. Le soleil est deja leve mais le paysage est absolument superbe. On a reussi! Sandrine a neanmoins force sur la derniere partie. En plus elle a la bonne idee de nous faire une crise d'altitude au sommet. Maux de crane, crise de larmes et de tremblements et c'est pas notre 'guide' qui va nous aider puisqu'il s'agit ... d'un porteur ne parlant pas anglais! Toujours pas serieux tout ca. La descente est tres penible. N'ayant rien dans le ventre l'energie descend dangeureusement bas, les jambes se vident completement.
Arrives au camp, la pause dejeune est rapide. 30min. Car ce qu'on n'avait pas compris (ou qu'on ne nous avait pas dit) c'est que la deuxieme descente pour atteindre le lac est aussi dure que celle que l'on vient de faire et que l'on a du retard ! Et on a deja plus de jambes. Pas stable sur les guibolles, le "chemin" consiste plus en un empilement de rocher descendant en ligne droite qu'un sentier en zigzag. Les guides annoncent 2H30 de descente, on va en mettre 4. Et evidemment sans bon controle des jambes, Sandrine se retord la cheville affaiblie par l'entorse.
En arrivant au lac vers 14H et apres 10H de marche on est litteralement epuise. Les guides posent le camp pour manger et nous on pousse une geulante: on a jamais vu un trek comme ca. Ou tout du moins il faut prevenir du niveau avant de vendre un tel trek. A la fin du repas on voit arriver les allemands du matin, les larmes au yeux, l'un est dans un etat de fatigue extreme. Et la, on nous annonce la bonne blague: normalement la remontee du cratere est prevue pour la fin d'apres midi, soit 1000m de denivele. On refuse et on leur dit de poser le camp pour la nuit. A la recherche d'un lieu de campement on decouvre que le chemin a disparut lors de la saison des pluies. Les guides ne savent pas ou aller et on suit le porteur. Le "sentier" consiste alors en la pente glissante au dessus de l'eau en se tenant aux racines des arbres pour eviter de tomber. Je vous passe la traversee de chute d'eau de 30m sur des branchages. La cheville de Sandrine est a la limite de rendre l'ame. On geule de nouveau sur nos guides et on pose le camp. On est epuise. On retrouve nos deux francais qui s'alarment aussi sur le manque de serieux des guides.
Dernier jour, lever 4H30. He oui, il faut bien rattraper ce que l'on a refuse de faire la veille. C'est nous qui reveillons les guides car leur montre ne fonctionne plus. Tout le monde fait la tete. Seul Tuti le porteur essaie de detendre l'atmosphere a coup de grands sourires.
Le remontee sur l'arete du cratere s'effectue correctement en 3H. Mais les jambes sont toujours faibles, la veille ayant ete un peu trop hard. Puis vient la descente ou la ca a ete horrible. A partir d'un moment, lorsque l'on force a utiliser des muscles sans energie, ceux-ci se rigidifient et cela devient tres douloureux. Les jambes deviennent des poteaux et la moindre marche de 30cm devient un obstacle penible. Au bout de 6H on arrive enfin au bas de ce foutu volcan.
Trois jours plus tard, les chevilles de Sandrine sont toujours enflees ainsi que le tendon d'achille. Les muscles des jambes nous font toujours souffrir. On pensait pourtant etre pas mal entraine puisque l'on marche en moyenne 10km par jour et que l'on randonne souvent. Mais ce "trek" etait reellement un truc de malade. Il faudrait 5 jours normalement pour le faire.


[ PostÚ par : Rudy | 2 commentaires ]