[ myanmar ] .
Il va y avoir du sport - 10/01/2006@09h43 - Kalaw - Inle

Fraichement debarques a Kalaw, nous decidons, en bons touristes, d'explorer la region a pied et de nous rendre a notre prochaine etape... a pieds ! Ici ils appellent cela du trek, ca le fait non ?! Sur les recommandations de notre Routard (assez pauvre d'ailleurs sur la Birmanie, au moins c'est dit), on se rend chez Htun Htun Winn, guide local francophone. Au lieu de cela, on fait la connaissance de son papa, Mr Aung, ancien professeur de botanique, histoire, geographie, ex-principal de college et retraite volontaire de l'education pour devenir guide. Il faut dire qu'entre son salaire de 30000 Kyats par mois (soit 30 $, et encore, c'etait apres l'augmentation royale decidee par le gouvernement en 1999) et ce qu'il doit gagner aujourd'hui en tant que guide touristique, y'a pas photo ! Bref, on sympathise avec le bonhomme, on lui fait part de notre projet de rejoindre Inle et c'est parti pour l'aventure.
L'equipee est composee de Mr Aung, 55 ans et guide diplome d'etat, Mr Coconut (si si son nom veut dire Coconut), 22 ans a la fois porteur et le meilleur cuisto rencontre au Myanmar, Andreas et Stefanie, 36 et 31 ans, deux allemands qui se joignent a nous pour ce periple a la plus grande joie de Rudy qui va devoir papoter en anglais 24h/24 !
But du voyage : rejoindre le lac Inle en traversant montagnes et villages de tribus soit quelques 70 km en 4 jours, rarement au dessus de 1500m d'altitude.
En supplement : des paysages d'une extreme variete avec pour seule constante cette terre rouge foncee, quasi acajou, assez inhabituelle ! Bref on a traverse des plantations de bananiers, des champs d'ail qui remplacent les rizieres hors saison, des champs de petits piments rouges dont les fleurs sont en fait violettes, des bles, des forets de bambous, du "dry rice" sechant au soleil, des arbres dont les feuilles sont utilisees pour rouler les fameux cheerots (les cigares birmans fumes ici a longueur de journee), des villages de tribus padaung, des monasteres... Donc la journee, 6 a 8h de marche a travers ces paysages super chouettes, s'arretant le midi dans un village ou au fin fond de je ne sais quelle gare paumee pour manger et le soir halte chez une famille ou dans un monastere pour passer la nuit, l'occasion aussi pour nous de voir de l'interieur la vie la vraie.
Par exemple, dans les villages, les maisons sur pilotis sont rarement composees de plus de 2 pieces et le foyer qui trone au milieu de la piece sert de point de ralliement pour cuisiner, manger, se rechauffer, fumer le cigare... Le soir, tout le monde s'y rassemble, les femmes comme les hommes, les cigares enfument la piece, ca pique bien les yeux. Dans les monasteres, l'ambiance est comme qui dirait plus austere. Au moment de la priere, les novices (petits moines ages de 6 a 8 ans) se rassemblent devant le moine pour prier Bouddha. On assiste meme, le lendemain matin de la pleine lune a la venue de tous les villageois apportant leurs offrandes comme c'est la coutume. Un autre matin ils se rassemblent devant le monastere car c'est le lieu qu'ils ont choisi pour l'election du nouveau chef de village. Bref, assez folklorique ce trek !
Les repas et les journees de rando furent egalement des moments de franches rigolades, deja parce que notre allemand Andy etait un vrai clown et surtout tellement allemand (la ou tout le monde s'arretait pour prendre une bouteille d'eau, lui essayait de degoter toute combine permettant de se procurer une bouteille de biere!), mais aussi parceque nos deux autochtones accompagnateurs etaient assez comiques sans se forcer. Le grand truc de Mr Aung, c'etait la medecine douce. Pour lui, tut ce qui procure du plaisir avait des vertus medicinales... Ainsi, quand il est en trek pendant 5 jours et qu'il se sent seul, hop un petit cigare et ca va mieux... Il parait meme selon lui que ca tue les germes dan la bouche, quelle invention geniale, le tabac! Encore, ca reste raisonnable car avec Coconut, c'est meme alle plus loin : un jour il a attrape la malaria, "very fiever, very fiever, couldn't go to work", et bien, hop un peu d'opium et apres encore plus de fievre pendant 1 jour, mais des le lendemain, Coconut etait fier de nous affirmer que ca l'avait gueri et qu'il avait pu reprendre le travail. Alors, guerison de malaria a l'opium en 3 jours, qui dit mieux ? Entre parenthese je me demande pourquoi on se trimbale un traitement a la malarone en cas de crise de palu, c'est tellement plus simple a trouver l'opium!
L'arrivee sur le lac du haut des montagnes a eu quelque chose de magique. En 4 jours on a eu l'impression de voir tellement de choses... On aurait aussi parfois aime que les langues de nos guides se delient et en apprendre un peu plus sur la situation politique du pays, mais ce fut peine perdue, dommage. Comment le Myanmar va encore reussir a nous surprendre apres tout cela ?


[ Posté par : Sandrine | 1 commentaire ]